McLaren larguée en qualifications en Chine : Piastri et Norris admettent « être en dessous »

McLaren larguée en qualifications en Chine : Piastri et Norris admettent « être en dessous »

À Shanghai, l'écurie papaye n'est pas encore hors-jeu, mais semble coincée dans ce rôle frustrant que toutes les grandes équipes détestent : spectatrice premium du vrai combat.

McLaren repart des qualifications du Grand Prix de Chine avec une cinquième place pour Oscar Piastri et une sixième pour Lando Norris. Un tir groupé propre, presque rassurant sur le papier. Sauf qu'à Shanghai, cela ressemble surtout à un constat assez froid : Mercedes et Ferrari étaient ailleurs, et McLaren a passé la séance à regarder le train de tête s'éloigner sans vraiment pouvoir monter dedans.

Chez les deux pilotes, le discours est d'ailleurs le même, avec des nuances dans le ton. Piastri parle d'une place logique, Norris d'un travail mal fait. En résumé : la voiture n'était pas catastrophique, simplement pas assez rapide.

Piastri : « À peu près là où nous devons être »

Cinquième, Oscar Piastri n'a pas cherché à vendre du rêve. L'Australien estime que McLaren occupe globalement la place qui correspond à son niveau du moment, même s'il pense qu'il restait un peu de temps à aller chercher.

« Je pense que oui. Mon dernier tour n'était pas le meilleur, donc il y avait peut-être encore un peu plus à aller chercher, mais c'était très difficile aujourd'hui d'extraire tout le potentiel de la voiture. »

Sans fanfare ni faux suspense, Piastri résume assez bien la situation de McLaren : la voiture est correcte, mais pas au point de faire trembler Mercedes ou Ferrari sur un tour.

« Je suis plutôt satisfait – c'est à peu près là où nous devons être. J'ai l'impression qu'en Q3 nous nous sommes peut-être un peu rapprochés, mais nous avons encore du travail à faire. »

Le message est limpide : McLaren n'est pas à la rue, mais n'est pas non plus dans le vrai combat pour l'instant. Une sorte de no man's land compétitif, toujours très poli dans les mots de Piastri, mais pas franchement enthousiasmant pour un champion du monde constructeurs en titre.

Norris : « Je n'ai pas fait le boulot »

À côté, Lando Norris a choisi une formulation plus directe, dans le style qu'on lui connaît. Sixième, derrière son coéquipier, le Britannique n'a pas tourné autour du pot : il estime qu'il y avait un peu mieux à faire, mais que son exécution n'a pas été à la hauteur.

« Mes deux runs étaient assez similaires. J'ai fait une grosse erreur dans le dernier virage lors de mon premier tour, ce qui m'a coûté un dixième. »

Et à Shanghai, un dixième ne sert pas à décorer une feuille de temps. Cela peut suffire à gagner une place, voire à s'accrocher un peu plus aux Ferrari.

« Cela aurait presque pu me faire gagner une position. Je pense qu'il y avait moyen de se rapprocher des Ferrari… mais je n'ai pas fait le boulot. »

Le constat a le mérite d'être honnête. Norris ne charge ni le vent, ni les pneus, ni un alignement douteux des planètes. Il regarde sa séance en face et admet qu'il a laissé filer une petite marge. Sauf que même avec un tour plus propre, le plafond du jour semblait assez clair.

Un cran derrière, et pas vraiment de débat

Sur le fond, Piastri et Norris racontent la même histoire. McLaren est dans le match du top 6, mais pas dans celui de la pole. Norris le dit d'ailleurs sans maquillage.

« Globalement, nous sommes là où nous méritons d'être. Les Ferrari sont plus rapides et il sera difficile de se battre contre elles demain. »

Le Britannique résume même la hiérarchie du moment d'une phrase assez sèche :

« Il est clair que nous sommes un ton en dessous. »

C'est probablement la vraie photographie de ce samedi chinois. McLaren n'a pas sombré, mais McLaren n'a pas pesé non plus. L'équipe orange a tenu son rang de bonne élève appliquée pendant que Mercedes verrouillait la première ligne et que Ferrari venait s'installer juste derrière.

La course ? D'abord survivre au départ, ensuite voir

Pour dimanche, ni Piastri ni Norris ne promettent une remontée héroïque. Les deux savent que le premier enjeu sera déjà de réussir le départ, puis de comprendre comment les pneus vont se comporter sur la durée.

Piastri insiste sur ce point : « Essayer de faire un bon départ si possible – ce sera la première chose – et ensuite voir comment les pneus se comportent. »

L'Australien garde aussi un œil sur le rythme pur, qui pourrait être plus décisif encore que la simple dégradation.

« Les pneus ont été un facteur assez important pendant la Sprint, mais je pense que le rythme de la voiture sera aussi très important. Nous verrons quel sera notre rythme et si nous avons suffisamment d'adhérence. Peut-être que nous pourrons nous battre avec les voitures de tête, mais nous verrons bien. »

Norris, lui, reste fidèle à son humeur du moment : prudent, un peu piqué, et pas franchement certain de grand-chose.

« Je n'ai aucune idée de ce que donnera le départ. Cela peut être incroyable comme très mauvais. »

Il s'accroche quand même à un motif d'espoir : les départs de McLaren ont plutôt été bons jusque-là.

« Beaucoup de nos départs ont été bons, donc je touche du bois pour que ce soit encore le cas. »

Un duel interne avant de penser aux autres

Il y a enfin un détail que McLaren aurait sans doute préféré éviter : avant même d'aller chercher les Mercedes ou les Ferrari, Norris devra déjà régler le cas Piastri. L'Australien part cinquième, le Britannique sixième. Deux voitures côte à côte dans la hiérarchie, avec une marge insuffisante sur les leaders et un écart trop faible pour promettre une course tranquille en interne.

En clair, McLaren abordera ce Grand Prix dans une position un peu inconfortable : assez proche pour espérer quelque chose si devant ça s'accroche, mais trop loin pour imposer son rythme sans aide extérieure…