Laurent Mekies voit enfin du mieux chez Red Bull : « Un net progrès » malgré un Grand Prix de Miami encore frustrant
Chez Red Bull, Miami n'a pas encore ressemblé à un retour au sommet. Mais pour Laurent Mekies, le week-end floridien marque malgré tout un vrai tournant.
Après des premières courses compliquées — où l'écurie autrichienne s'était parfois retrouvée à se battre avec Alpine ou Williams au cœur du peloton — la RB22 a enfin montré des signes encourageants. Et cela s'est vu dès les qualifications.
Max Verstappen a signé sa meilleure performance qualificative de la saison en décrochant une place en première ligne, à seulement 0''166 de la pole de Kimi Antonelli.
Une progression loin d'être anodine après les difficultés aperçues à Suzuka ou Shanghai.
« Il y a eu un net progrès », a résumé Laurent Mekies après la course. « Nous avons quitté le Japon à 1,2 seconde de la pole position, la Chine à 1,0 seconde de la pole position. »
Et le Français insiste : Red Bull ne pouvait pas simplement compter sur ses évolutions pendant que McLaren, Mercedes ou Ferrari continuaient eux aussi à développer.
« La concurrence n'allait pas nous attendre pour mettre à jour ses voitures. Tout le monde a amélioré la sienne, mais nous savions pertinemment qu'en plus de la course au développement, nous devions résoudre certains de nos problèmes et nous savions que nous pouvions gagner du temps au tour. »
Le résultat est visible : « Le fait de nous voir ce week-end à six dixièmes de la pole position vendredi et à moins de deux dixièmes samedi témoigne de l'ampleur des progrès accomplis. »
Un départ catastrophe… puis une remontée à l'ancienne
Mais la course de Verstappen a rapidement tourné au numéro d'équilibriste.
Dès le premier tour, le quadruple champion du monde est parti en tête-à-queue de sa propre erreur dans les premiers virages. Résultat : de la lutte pour la victoire… à une remontée depuis le fond du top 10.
Un scénario qui aurait pu virer au naufrage. À la place, Verstappen a transformé sa course en opération sauvetage.
Profitant de la voiture de sécurité provoquée notamment par les abandons de Gasly et Hadjar, Red Bull a tenté un pari stratégique agressif : un arrêt très précoce, puis un relais interminable de 51 tours sur les pneus durs.
Et contre toute attente, cela a presque fonctionné.
Verstappen a enchaîné les dépassements sur Ocon, Bearman, Albon, Sainz ou encore Hamilton, avant de revenir dans le match pour le podium. Finalement cinquième – malgré une pénalité de cinq secondes après l'arrivée pour avoir franchi la ligne blanche à la sortie des stands – le Néerlandais a confirmé que la RB22 avait retrouvé un peu de mordant.
« Globalement, je pense que le rythme de course était bon, confirmant les bons signes observés en qualifications », a expliqué Mekies. « Il n'était pas suffisant pour les deux premières places, mais nous aurait peut-être permis de nous battre pour la troisième, la quatrième et la cinquième. »
Un discours mesuré, mais révélateur du soulagement qui règne chez Red Bull.
« Donc, encore une fois, c'est quelque chose que nous n'avions pas montré jusqu'à présent cette saison, et il faut féliciter toute l'équipe de Milton Keynes pour cette avancée importante. »
Hadjar frustré, mais soutenu
Le week-end a été bien plus compliqué pour Isack Hadjar. Déjà condamné à partir de la voie des stands après un problème de conformité sur sa monoplace, le Français semblait pourtant capable de remonter dans les points.
Mais son Grand Prix s'est arrêté brutalement au 6e tour après une erreur à l'entrée de la chicane : suspension cassée, mur, abandon.
Une frustration énorme pour le rookie, qui avait lui-même reconnu après la course avoir « jeté des points à la poubelle ». Chez Red Bull, Mekies refuse toutefois de s'alarmer.
« Nous avons connu un week-end difficile [avec Hadjar]. Honnêtement, nous savons que nous n'avons pas tout fait parfaitement de notre côté, sans pour autant trop en dévoiler. »
Le Français révèle aussi un problème important rencontré par la deuxième voiture tout au long du week-end : « Vous pourrez constater par vous-même que nous avons souffert d'un déficit de performance en ligne droite avec cette voiture pendant la majeure partie du week-end. Cela n'a pas favorisé les performances globales. »
Malgré tout, le patron de Red Bull garde confiance : « Je pense qu'en termes de pilotage et de rythme, [Hadjar] a progressivement trouvé le bon rythme. Je pense qu'il aurait été performant en course et il l'a été malgré le peu qu'il a pu montrer. Par conséquent, je ne pense pas que nous soyons inquiets. »
Et Mekies reconnaît aussi la part de responsabilité de l'équipe :
« Notre week-end n'a certainement pas été sans embûches. Nous ne l'avons pas aidé non plus en le faisant partir du fond de la grille après notre erreur concernant la conformité de la voiture. Donc non, je ne suis pas inquiet. »
Red Bull retrouve enfin un peu d'espoir
Au championnat, Red Bull reste encore loin derrière. Avec seulement 30 points marqués cette saison – contre 94 pour McLaren malgré plusieurs abandons – le retard est conséquent.
Mais à Miami, l'écurie autrichienne a au moins retrouvé quelque chose qu'elle avait perdu : de la confiance.
« Nous savions que nous perdions un temps précieux au tour à cause de ce manque de confiance des pilotes dans la voiture. »
« La résolution de ce problème a constitué l'essentiel du travail accompli durant ces cinq semaines de pause, en plus du développement normal. »
La RB22 n'est pas encore redevenue la machine dominante des grandes années Verstappen. Mais à Miami, pour la première fois depuis longtemps, Red Bull a donné l'impression de repartir dans la bonne direction.