Toto Wolff impressionné par Kimi Antonelli : « Sa meilleure course jusqu’à présent »

Toto Wolff impressionné par Kimi Antonelli : « Sa meilleure course jusqu’à présent »
Crédit: Portrait de Toto Wolff, directeur de l'équipe Mercedes-AMG Petronas, au Grand Prix de Chine 2026 à Shanghai. Crédit photo Overtake Agency / Levi Erb

Trois courses, trois victoires… et une maîtrise qui commence sérieusement à marquer les esprits. À Miami, Kimi Antonelli n'a pas seulement gagné : il a convaincu. Et du côté de Mercedes, Toto Wolff n'a pas caché son admiration.

Comme souvent cette saison, Kimi Antonelli a dû composer avec un départ délicat. Surpris par le freinage précoce de Charles Leclerc au premier virage, il a bloqué ses roues et laissé la tête de course au Monégasque. Un scénario déjà vu… mais qui ne l'a pas déstabilisé.

Dans une course animée, marquée notamment par le tête-à-queue de Verstappen dès le départ et les nombreuses batailles stratégiques, Antonelli a su reprendre la main. Dépassement sur Leclerc, gestion de Norris, puis contrôle de la course malgré un problème de boîte de vitesses : une copie presque parfaite.

De quoi impressionner son patron.

« Il est plus facile de ralentir ou de maîtriser un pilote fougueux, car on ne peut pas accélérer un âne », a lâché Toto Wolff avec son franc-parler habituel. « Pour moi, c'était sa meilleure course jusqu'à présent. Cela me rappelle ses débuts en karting en Formule 4. »

Mercedes lucide sur ses faiblesses

Si Antonelli a brillé, Mercedes n'élude pas ses propres lacunes. Les départs restent un point faible, et Miami n'a pas échappé à la règle.

Mais pour Wolff, le problème est collectif :

« Ce n'est absolument pas de sa faute », a-t-il insisté. « Je pense que les erreurs commises hier et aujourd'hui étaient des erreurs collectives. Nous savons tous que ce n'est pas suffisant. Nous ne leur fournissons pas les outils nécessaires, que ce soit pour l'embrayage ou l'estimation de l'adhérence. »

Un constat lucide, dans un week-end où la concurrence, McLaren en tête, s'est nettement rapprochée.

« Nous sommes les seuls à ne pas avoir trouvé la bonne formule depuis quelques courses. Il nous faut donc creuser encore plus pour comprendre comment y remédier, car je suis d'accord : l'écart n'est pas assez important pour se permettre de prendre le large et, par conséquent, on ne peut pas se permettre de rater des départs. »

Sous pression… mais jamais craqué

En fin de course, Lando Norris est revenu à moins d'une seconde. Le Britannique poussait, Antonelli résistait. Un duel tendu, où la moindre erreur pouvait tout faire basculer.

Mais l'Italien n'a pas flanché. Il a tenu, géré, contrôlé. Et finalement creusé l'écart pour s'imposer avec plus de trois secondes d'avance. Une maturité impressionnante pour un pilote de 19 ans. Chez Mercedes, on savoure… tout en restant prudents.

« C'est le risque qu'il prenne un tournant trop rapide », a reconnu Wolff. « Nous savons que ses parents vont veiller à ce qu'il garde les pieds sur terre. »

Car si la performance est exceptionnelle, la gestion de cette ascension éclair sera tout aussi cruciale.

« Je trouve ces quelques courses sidérantes. D'une certaine manière, c'est ce que nous avions prédit en équipe : des hauts et des bas la saison dernière, des moments de génie et des moments de frustration intense. »

Une montée en puissance fulgurante

Aujourd'hui, les “bas” semblent bien loin. « Cette année, tout se met en place. Je ne pense pas que l'un d'entre nous aurait pu s'attendre à un tel parcours. Nous lui avons fourni une voiture très performante et un moteur adapté, mais sa capacité à en tirer profit chaque week-end est remarquable. »

À Miami, Antonelli a prouvé une chose : il ne se contente plus d'apprendre. Il impose déjà le rythme.