Ferrari aurait-elle dû s’arrêter sous la première Virtual Safety Car en Australie ?
La stratégie de Ferrari au Grand Prix d'Australie a suscité de nombreuses interrogations. En choisissant de laisser ses deux monoplaces en piste lors de la première Virtual Safety Car, la Scuderia a finalement perdu une opportunité stratégique face à Mercedes, qui a su exploiter parfaitement la neutralisation.
Le débat stratégique est l'un des grands enseignements de ce Grand Prix d'Australie. Lorsque Isack Hadjar s'est arrêté en piste après son problème moteur dans les premiers tours, la direction de course a immédiatement déployé une Virtual Safety Car (VSC). Une occasion que Mercedes et la majorité du peloton ont saisie pour passer par les stands.
Ferrari, en revanche, a fait le choix de laisser Charles Leclerc et Lewis Hamilton en piste.
Une décision qui a rapidement fait réagir… y compris dans le cockpit.
Lewis Hamilton n'a pas caché son incompréhension à la radio. Le Britannique estimait que Ferrari aurait au moins dû couvrir Mercedes avec l'une de ses voitures.
Selon lui, arrêter au moins une monoplace aurait permis d'assurer une couverture stratégique face aux Flèches d'Argent.
Au moment de la neutralisation, la Scuderia occupait pourtant une position idéale : Leclerc venait de dépasser George Russell au départ et menait la course, avec Hamilton dans le trio de tête.
Les premiers tours avaient d'ailleurs offert un spectacle intense, Russell et Leclerc échangeant la tête à plusieurs reprises.
Un pari stratégique risqué
Mais Ferrari a choisi de ne pas plonger dans la voie des stands. L'équipe semblait considérer que la neutralisation arrivait trop tôt pour passer sur une stratégie à un seul arrêt, sans vouloir non plus basculer vers un plan à deux arrêts.
Une décision qui s'est révélée coûteuse.
Lorsque la seconde VSC est intervenue après l'arrêt de Valtteri Bottas, Ferrari espérait cette fois profiter de la neutralisation pour s'arrêter. Mais la Cadillac du Finlandais étant immobilisée près de l'entrée des stands, la direction de course a fermé la voie des stands avant que les Ferrari ne puissent y accéder.
La Scuderia a donc dû s'arrêter plus tard en conditions de course, perdant plus de vingt secondes par voiture.
La situation s'est encore compliquée pour Ferrari lorsque Mercedes a compris que les pneus tenaient bien mieux que prévu.
Les deux Flèches d'Argent n'ont finalement pas eu besoin d'un second arrêt, ce qui leur a permis de contrôler la fin de course et de filer vers un doublé avec George Russell et Kimi Antonelli.
Fred Vasseur défend la décision
Après la course, Frédéric Vasseur a tenu à relativiser les critiques autour de cette stratégie. « Il y a toujours les stratégistes d'après-course qui arrivent pour dire que c'était évident. »
Selon le patron de Ferrari, la situation était beaucoup moins claire au moment de prendre la décision. « Mercedes pensait probablement refaire un arrêt à ce moment-là. On a tous été surpris par la tenue des pneus : on aurait presque pu faire 350 tours avec. »
Ferrari aurait-elle réellement pu battre Mercedes avec un arrêt sous VSC ? La question reste ouverte.
Charles Leclerc lui-même reconnaissait après la course que les Mercedes semblaient légèrement plus rapides sur l'ensemble du relais.
Mais avec Antonelli retombé septième au départ, Ferrari aurait peut-être au minimum pu sécuriser une meilleure position face au jeune Italien.
Une chose est sûre : dans une course aussi stratégique, la première décision prise sous neutralisation a pesé lourd dans l'issue du Grand Prix. Et à Melbourne, Mercedes a clairement été l'équipe qui a le mieux joué ses cartes.