Zandvoort, le circuit de la dernière victoire de Niki Lauda

Zandvoort, le circuit de la dernière victoire de Niki Lauda
Crédit: FanF1

Le 25 août 1985, Niki Lauda devança Alain Prost pour remporter sa 25e et dernière victoire, une semaine seulement après avoir annoncé sa retraite.

Au moment où le Grand Prix des Pays-Bas 1985 approchait, Niki Lauda était déjà une légende dont les 25 victoires le plaçaient en deuxième position derrière Jackie Stewart dans les annales de ce sport. Pourtant, ce triomphe, sa 25e victoire, est survenu dans des circonstances qui ont failli l'empêcher de se produire.

L'Autrichien avait entamé l'année après une saison 1984 éprouvante qui lui avait valu un troisième titre mondial avec une avance minime d'un demi-point. Son contrat pour 1985 étant incertain, Lauda passa des semaines à négocier avec Ron Dennis, le patron de McLaren. Le prix à payer pour rester était une réduction de salaire, une concession qu'il accepta à contrecœur afin de conserver son siège aux côtés de son rival Alain Prost.

Ce compromis s'accompagnait toutefois d'un effet secondaire indésirable : le nouveau châssis MP4/2B ne convenait tout simplement pas au style de conduite de Lauda. Alors que Prost trouvait rapidement son rythme, Lauda se débattait avec une voiture qui s'avérait peu fiable et peu coopérative. La frustration grandissait et, lors d'une conférence de presse en Autriche, il annonçait ce qu'il pensait être son départ définitif de la Formule 1. « J'arrête ici, a-t-il déclaré, et cette fois, je le pense vraiment. » Cette déclaration semblait se confirmer une semaine plus tard, lorsque son Grand Prix national s'est terminé par une panne de turbo à treize tours de l'arrivée, laissant le champion au casque rouge regarder la course depuis le bord de la piste.

Le drame s'est déplacé à Zandvoort, où les routes glissantes et une série de problèmes mécaniques ont contraint Lauda à partir de la cinquième ligne, loin derrière Prost. Le calage de Nelson Piquet a créé une ouverture soudaine, et le dépassement fulgurant de Lauda sur le Brésilien a ouvert la voie à un duel acharné. Prost, surnommé « Le Professeur », a profité d'un incident dans la voie des stands pour prendre la tête, mais Lauda a réagi en poussant le turbo à ses limites, regagnant ainsi de précieux dixièmes de seconde. Les deux Autrichiens et le Français se sont livrés à une bataille acharnée pour le meilleur temps au tour, chaque tour étant un test de nerfs et de mécanique. Au final, Lauda a franchi la ligne d'arrivée avec deux dixièmes d'avance sur Prost, remportant ainsi sa seule victoire de la saison.

Prost se souviendra plus tard de ce moment avec le sourire : « Quand j'ai vu qu'il n'avait pas augmenté sa puissance, je lui ai simplement dit merci. C'était un geste élégant. » Cette deuxième place s'avéra décisive pour le championnat de Prost, qu'il remporta plus tard dans l'année. La dernière chance pour Lauda de remporter une autre victoire se présenta lors de la première course urbaine d'Adélaïde. Le nouveau circuit s'est avéré impitoyable ; de nombreux pilotes ont été victimes de sa surface difficile et de la chaleur implacable. Lauda a réussi à rester à l'écart du chaos jusqu'au 57e tour, lorsqu'une défaillance catastrophique des freins à 290 km/h a envoyé sa McLaren dans un mur de pneus. Il s'est échappé de l'épave, mais l'incident a fait écho à la tragédie qui avait marqué le début de sa carrière trois décennies plus tôt.

Rétrospectivement, la saison 1985 de Lauda peut être considérée comme une leçon de résilience : un pilote contraint à une réduction de salaire, aux prises avec une voiture inadaptée, annonçant sa retraite, puis défiant les pronostics pour remporter une victoire sous la pluie à Zandvoort, avant de voir sa carrière prendre fin dans un accident qui reflétait son premier. Le cap des 25 victoires, autrefois un objectif lointain, est devenu un repère poignant dans une carrière marquée autant par la persévérance que par les podiums.