L'implication de la France dans la Formule 1 ne se limite pas à Renault et Romain Grosjean ; une entreprise française contribue également à améliorer la sécurité des pilotes grâce à sa technologie innovante de barrières Tecpro. Nous avons rencontré son créateur, Rafaël Galiana.
Au pied du Garlaban, ce sommet provençal célébré par Marcel Pagnol, dans le parc d'activités Napollon à Aubagne, Rafaël Galiana a fondé la succursale française de son entreprise Tecpro. Originaire de Marseille et passionné de sport automobile depuis toujours, Rafaël Galiana a passé des années au volant sur les circuits du monde entier avant de s'intéresser à un problème qui continue de hanter les pilotes : l'absorption insuffisante des chocs par les murs de pneus et les glissières de sécurité conventionnels. Bien que son siège social soit situé en France, Tecpro opère à l'échelle internationale, avec des usines en Chine, en Tunisie et aux États-Unis, un bureau à Hong Kong et une présence sur la plupart des circuits qui accueillent des événements de sport automobile. L'entreprise s'est d'abord fait connaître en fournissant plus de 300 pistes de karting à travers le monde. Sa percée a eu lieu lorsqu'elle a présenté sa solution de sécurité à la FIA, l'organisme qui régit la sécurité des circuits. Le Grand Prix de Singapour 2008 a été la première course à utiliser les barrières Tecpro, dont la remarquable capacité à absorber les chocs à des vitesses pouvant atteindre 220 km/h (environ 137 mph) provient d'une construction flexible en polyéthylène et d'un système de sangles intégré qui maintient la barrière intacte et empêche toute pénétration en cas de collision. Il a fallu six ans de réunions et de démonstrations de crash-tests pour convaincre les responsables de la Formule 1.
La connaissance approfondie du sport automobile de M. Galiana est un atout majeur, comme il l'explique : « En matière de sécurité, nous savons de quoi nous parlons. Lorsque nous arrivons sur un circuit, nous pouvons repérer les points critiques et savoir comment les améliorer. » Pourtant, malgré cette expertise, de nombreux promoteurs tardent à remplacer les murs de pneus obsolètes par la solution Tecpro. « Les circuits font le strict minimum », déplore-t-il. « Au Brésil, par exemple, un seul virage utilise Tecpro, tandis que les promoteurs ont choisi de dépenser leur argent pour reconstruire complètement les stands. » L'histoire récente de la Formule 1 offre toutefois une preuve évidente de la valeur de Tecpro : des pilotes tels que Max Verstappen à Monaco et Carlos Sainz Jr. à Sotchi s'en sont sortis indemnes après avoir percuté les barrières Tecpro, et le père de Sainz a personnellement remercié M. Galiana pour la technologie qui a sauvé son fils. Aujourd'hui, tous les nouveaux circuits intègrent des barrières Tecpro, mais pas toujours sur l'ensemble du tracé. M. Galiana sourit lorsqu'il déclare : « C'est soit les pneus, soit nous ! » Bien que les blocs soient légèrement plus chers que les murs de pneus traditionnels, ils font désormais partie des spécifications de la FIA et des concepteurs de circuits. Ils présentent également des avantages logistiques et environnementaux : ils nécessitent moins de conteneurs, leur installation est plus rapide et leur empreinte carbone est plus faible. Un circuit type jette environ 20 pneus par an, alors qu'il ne jetterait que deux blocs Tecpro. Le transport d'une barrière complète en pneus nécessite environ 400 camions, contre seulement 40 conteneurs pour Tecpro. Après s'être imposé dans le créneau du sport automobile, Galiana continue de viser l'expansion mondiale de Tecpro. La passion reste son principal moteur, et il soutient discrètement une poignée de pilotes émergents, aidant la prochaine génération de talents tout en continuant à faire progresser la sécurité.