En Chine, où il avait remporté sa première victoire en Formule 1 trois ans plus tôt, Nico Rosberg n'a pas réussi à freiner la progression de son coéquipier Lewis Hamilton, et il a même semblé perdre son sang-froid en acceptant à contrecœur le rôle inconfortable de numéro deux d'un prétendant au titre désigné.
À l'issue de la saison 2014 de Formule 1, Lewis Hamilton a remporté son deuxième titre mondial tandis que son coéquipier Nico Rosberg, toujours gentleman, l'a félicité avec élégance.
À l'aube de la saison 2015, Mercedes semblait prête à dominer à nouveau, et beaucoup s'attendaient à un duel encore plus serré entre les deux pilotes, tant sur la piste que dans les jeux psychologiques. Mais la résurgence de Ferrari, désormais arborant une nouvelle livrée « Prince Red » et menée par Sebastian Vettel, a ajouté une autre variable. Cela a-t-il porté un coup à la confiance de Rosberg ? Peut-être, mais l'Allemand, qui avait été un véritable prétendant au titre en 2014, était déjà à la traîne dès le début de la nouvelle saison. Hamilton a dominé la première course en Australie, tandis que Rosberg a connu des difficultés en Malaisie, ne parvenant pas à trouver son rythme, perdant la première place sur la grille de départ au profit de Vettel lors des qualifications et glissant à la troisième place sur le podium. En Chine, il avait besoin d'une bonne performance pour rester dans la course face au double champion du monde.
Au lieu de cela, Hamilton a continué à dominer et l'écart entre Vettel et Rosberg s'est réduit. Après le Grand Prix de Chine, Rosberg a reproché à Hamilton de ne pas avoir maintenu un rythme suffisamment rapide pendant une partie de la course, ce qui, selon lui, a permis au pilote Ferrari de se rapprocher. Hamilton a répondu calmement, soulignant qu'il se concentrait sur sa propre course et qu'il n'avait pas à se soucier des performances de son coéquipier. Ce qui aurait pu être une tentative de pression psychologique, similaire à la tactique utilisée par Rosberg en 2014, a plutôt été perçu comme un aveu de faiblesse, d'autant plus que Rosberg avait perdu quelques centièmes de seconde sur Hamilton lors des qualifications. Si Rosberg avait été le pilote le plus performant à Shanghai, il aurait pu réduire l'écart avec Hamilton, le dépasser sur la piste et imposer son propre rythme, allégeant ainsi la pression exercée par la Ferrari de Vettel. Au lieu de cela, il a choisi de critiquer son coéquipier sur un point qui semblait défavorable en début de saison. L'année dernière, Hamilton avait pris un départ fulgurant avant que la manœuvre astucieuse de Rosberg à Monaco ne renverse la situation, faisant de l'Allemand un véritable challenger. Cette année, Rosberg doit rapidement améliorer ses performances, sous peine de perdre son sang-froid, comme l'a montré sa performance à Shanghai. Pendant ce temps, Vettel attend dans les coulisses, prêt à bondir.