Les temps forts du Grand Prix de Singapour

Les temps forts du Grand Prix de Singapour
Crédit: FanF1

Organisé pour la première fois en 2008, le Grand Prix de Singapour est devenu un rendez-vous incontournable du calendrier de la F1, offrant d'innombrables moments spectaculaires, dont plusieurs éditions particulièrement mémorables.

2008 : Crashgate

Renault a entamé l'année 2008 après une saison 2007 médiocre, ayant perdu son champion Fernando Alonso, le pilote qui avait remporté deux titres mondiaux pour l'écurie de Viry-Châtillon. Alonso est revenu dans une voiture qui pouvait encore produire des éclairs de génie. À Singapour, cependant, sa victoire a été orchestrée. Les soupçons ont commencé à naître lorsque son coéquipier Nelsinho Piquet a fait un tête-à-queue dans le tour de formation, prélude à ce qui allait suivre. Au 12e tour, Piquet a reçu l'ordre du directeur de l'écurie, Flavio Briatore, de provoquer délibérément un accident avec sa R28 à la sortie du virage 17, déclenchant ainsi l'intervention de la voiture de sécurité. Cela a permis à Alonso, qui avait fait un arrêt au stand tôt et se trouvait en queue de peloton, de prendre la tête. L'incident a également coûté cher au prétendant au titre Felipe Massa, qui s'est retrouvé avec un tuyau de carburant encore attaché à sa voiture à la fin de la période de safety car, ce qui l'a contraint à abandonner. Alonso a remporté la course et a réitéré son exploit à Fuji le week-end suivant, sans aucune irrégularité. Le scandale, surnommé « Crashgate », a fait la une des journaux du monde entier et a entraîné le licenciement de Briatore et Piquet en 2009. La perte de Massa a été particulièrement douloureuse : il a terminé 13e avec zéro point, alors qu'un seul point lui aurait permis de remporter le championnat sur son sol natal, au Brésil. Les batailles juridiques se poursuivent, et la question reste de savoir si Massa sera un jour couronné champion, même quinze ans plus tard.

2015 : la maîtrise de Vettel, Mercedes aux abonnés absents

En 2015, Mercedes était déjà bien installée dans une période de domination, et rares étaient ceux qui pouvaient régulièrement la défier. La seule exception était Sebastian Vettel, fraîchement arrivé chez Ferrari. Il a immédiatement fait sensation en surpassant les deux Flèches d'argent en Malaisie grâce à une stratégie audacieuse, puis en réitérant l'exploit en Hongrie. Singapour s'annonçait comme une nouvelle vitrine pour la nouvelle star de Maranello. La course s'est déroulée simplement : Mercedes manquait de vitesse et souffrait de problèmes de fiabilité, notamment l'abandon de Hamilton, laissant Ferrari avec une voie libre. Vettel avait décroché une pole position spectaculaire la veille et est resté imperturbable, commentant même par radio lorsqu'un fan a franchi les barrières et est entré sur la piste : « Il y a un fan sur la piste. » Il a ensuite remporté ce qui allait devenir sa troisième victoire de la saison, consolidant son statut de pilote de pointe chez Ferrari.

2017 : l'effondrement des Reds

La saison 2017 a vu la rivalité entre Vettel et Hamilton, et entre Ferrari et Mercedes, atteindre son apogée. Vettel n'était qu'à trois points de Hamilton et a pris le départ du Grand Prix de Singapour en pole position. Au départ, il a dépassé Verstappen, qui avait pris un meilleur départ, et son coéquipier Kimi Räikkönen, qui avait également pris un bon départ. Le chaos s'ensuivit lorsque les trois premiers de la grille entrèrent en collision, s'éliminant mutuellement. La course de Vettel prit fin prématurément lorsqu'il percuta le mur. Hamilton remporta la course, marquant un tournant décisif dans le championnat. À partir de là, Vettel commit une série d'erreurs, terminant la saison avec une modeste victoire au Brésil, et sa situation ne s'améliora pas l'année suivante.

2019 : la dernière saison de Vettel, avec l'aide de Ferrari

Singapour revêtait une importance particulière pour Vettel. Au cours d'une année difficile pour Ferrari, tous les regards se sont tournés vers l'étoile montante Charles Leclerc, qui a décroché la pole position de manière dominante et semblait prêt à remporter la troisième victoire de sa carrière. Pourtant, Ferrari a choisi de donner une chance à Vettel, qui n'avait pas remporté de course depuis près d'un an. Le scénario rappelait celui de Monaco en 2017 : la voiture qui n'était pas censée gagner a été rappelée aux stands tôt, pour se retrouver bloquée dans le trafic. Vettel s'est arrêté après Leclerc, utilisant l'overcut à son avantage. Le résultat a été la 53e et dernière victoire de Vettel en Grand Prix, une victoire qui était tout sauf classique. Il détient toujours le record du plus grand nombre de victoires à Singapour, avec cinq victoires à son actif.