Au cours des dernières saisons, les règlements de la Formule 1 sont devenus de plus en plus opaques en ce qui concerne le comportement sur la piste. Bien que des règles aient été établies, elles sont souvent ignorées, les codes informels des pilotes ne sont que vaguement respectés et les commissaires de course ont du mal à déterminer ce qui est bien ou mal.
Le Grand Prix du Mexique s'est transformé en un véritable feuilleton judiciaire, les décisions des commissaires volant la vedette à l'action sur la piste. Du premier tour aux derniers virages, une série de décisions prises en une fraction de seconde a mis en évidence l'inégalité dans l'application du règlement et a laissé les fans se demander si les instances dirigeantes de ce sport ne sont pas plus un obstacle qu'une aide.
La décision la plus médiatisée a été prise dans les derniers tours, lorsque Max Verstappen s'est vu infliger une pénalité de cinq secondes pour avoir coupé la chicane à la fin de la ligne droite principale. Red Bull a fait valoir que le Néerlandais aurait dû céder sa place à Sebastian Vettel, qui le suivait, mais Verstappen a refusé, obligeant les commissaires à appliquer la lettre de la loi. Quelques virages plus tard, le pilote Ferrari a été jugé fautif pour avoir dévié dans la zone de freinage du virage à gauche, une manœuvre qui a surpris Daniel Ricciardo alors qu'il tentait de passer à l'attaque. Plus tôt dans la course, la controverse était déjà en train de monter. Lewis Hamilton a coupé l'intérieur du virage n° 1, obtenant un avantage évident pour tous ceux qui regardaient la retransmission. La télémétrie a montré par la suite qu'il avait délibérément ralenti pour laisser l'écart se réduire, mais aucune pénalité n'a été infligée, une décision qui aurait plu à l'ancien champion Nico Rosberg, qui prône depuis longtemps une interprétation plus indulgente des règles. L'incohérence ne s'est pas arrêtée là. Verstappen a ensuite poussé Nico Rosberg vers l'herbe, forçant le pilote Mercedes à couper le virage sans laisser l'espace de course requis. Aucune sanction n'a été prononcée, alors que Carlos Sainz a écopé d'une pénalité de cinq secondes pour une manœuvre identique sur Fernando Alonso deux virages plus loin. La disparité entre ces deux décisions a laissé le panel des commissaires sans argument pour se défendre. Si la course elle-même s'est déroulée sans incident majeur, ces échanges musclés ont apporté le genre de suspense qui captive les spectateurs devant leur écran. Cet épisode soulève une question plus large : si l'objectif est de rendre le spectacle plus attrayant, pourquoi s'accrocher à un ensemble de règles ambiguës qui punissent les pilotes pour l'agressivité même qui rend la Formule 1 passionnante ? Des règles plus claires et plus cohérentes pourraient préserver l'intérêt de ce sport sans aliéner le public qui vient voir les meilleurs pilotes du monde repousser les limites de leurs machines.