Exposition médiatique et marketing à géométrie variable

Exposition médiatique et marketing à géométrie variable
Crédit: FanF1

La visibilité médiatique est probablement la principale raison pour laquelle un sponsor décide d'apposer son nom sur une voiture de F1. Après tout, comme le dit le vieil adage, plus on est vu, plus on est connu. Cependant, d'autres facteurs ne peuvent être ignorés, car tout emplacement de choix a un coût élevé.

Lorsqu'une marque décide d'apposer son logo sur une voiture de course, le prix peut être exorbitant, mais le retour sur investissement est étonnamment calculable. Prenons l'exemple du partenariat entre Mercedes et Petronas : le géant pétrolier malaisien déboursent environ 30 millions d'euros pour un package premium qui couvre le ponton du radiateur, les ailerons avant et arrière, l'espace devant le cockpit du pilote et même une place dans le nom officiel de l'équipe.

Quelques années plus tôt, l'alliance entre Red Bull et Infiniti (la marque de luxe de Nissan) avait fait grimper la facture à près de 40 millions d'euros pour obtenir le droit d'apposer sa marque sur le ponton du radiateur, l'aileron arrière, les panneaux latéraux de l'aileron, le logo sur le nez et une place dans le nom de l'équipe.

En revanche, Martini, sponsor principal de longue date de Williams, paie environ 15 millions d'euros pour un contrat de livrée complète qui comprend le capot moteur, l'aileron arrière, la partie avant du cockpit et un droit de nom. Ces trois accords s'étendent également aux vêtements de l'équipe, à la signalisation dans la voie des stands, aux camions de transport et à bien d'autres éléments, ce qui montre à quel point chaque équipe adapte sa politique commerciale au statut du sponsor et au soutien technique qu'il apporte. Petronas, par exemple, fournit du carburant, de l'huile et des lubrifiants en nature, ce qui influe sur le montant de ses frais.

Les chiffres bruts présentés dans l'infographie ci-jointe ne reflètent qu'une partie de la réalité. Le coût d'un sponsor varie en fonction de la popularité de l'équipe, de son empreinte médiatique (télévision, numérique, presse écrite et réseaux sociaux) et de l'attrait des pilotes, ce qui signifie que le prix moyen peut varier d'un facteur trois. Ce qui importe le plus aux marques, c'est la valeur de la visibilité dont elles bénéficient. En 2007, Vodafone était en tête du classement en termes d'exposition avec 3 heures 58 minutes à l'écran, soit 11,6 % du temps d'antenne total, ce qui se traduisait par une valeur publicitaire de 135,44 millions d'euros pour une dépense de 57,19 millions d'euros, soit un retour sur investissement de 136,8 %. Marlboro suivait de près avec 3 heures 45 minutes (10,98 %). Red Bull, malgré sa propre équipe, n'occupait que la neuvième place avec 1 heure 4 minutes (3,16 %).

En 2010, Red Bull est devenue la marque la plus visible, avec 4 heures 27 minutes de temps d'antenne lors des quinze premiers Grands Prix, soit une valeur de 107,8 millions d'euros pour un investissement de près de 100 millions d'euros, ce qui reste un retour sur investissement inférieur à celui de Vodafone en 2007.

Lors du Grand Prix d'Australie 2011, les données de Formula Money ont montré que Red Bull était à nouveau en tête avec 24 % de part d'exposition (évaluée à 10 millions d'euros), devant Vodafone (10,14 %) et le sponsor du circuit Qantas (8,94 %). Ferrari se classait quatrième (5,99 %), Renault neuvième (2,71 %) et Mercedes quinzième (1,46 %). La tendance est claire : plus une marque est visible, plus elle gagne d'argent.

De l'autre côté de l'Atlantique, la dynamique est similaire, mais à plus grande échelle. La saison 2008 de la NASCAR, avec 38 courses et plus de 244 millions de téléspectateurs, a généré 248 heures et 10 minutes d'exposition des marques, pour une valeur totale de 1,34 milliard d'euros. À lui seul, Dale Earnhardt Jr. a représenté 44 heures 40 minutes (≈17 % du total), soit une valeur supérieure à 393 millions d'euros, malgré sa douzième place dans le Chase.

Dans la série Champ Car, aujourd'hui disparue, l'année 2006 a généré 91 millions d'euros d'exposition en 116 heures, avec en tête Bridgestone (22 millions d'euros) et Ford (19,3 millions d'euros).

Ces chiffres soulignent pourquoi le sponsoring reste un outil marketing puissant : il offre une couverture médiatique mesurable qui peut être négociée pour un placement optimal. Qu'il s'agisse d'un nouveau venu, d'une équipe historique, d'un pilote vedette ou d'une icône nationale, le succès dépend du positionnement stratégique, des accroches narratives, de l'attrait patriotique et, si nécessaire, du buzz suscité par la controverse – car dans le sport automobile, toute attention, bonne ou mauvaise, se traduit en valeur.