Éditorial : Adieu Renault

Éditorial : Adieu Renault
Crédit: FanF1

Renault a confirmé qu'il allait cesser de produire des moteurs pour Alpine F1, mettant ainsi fin à près de cinq décennies d'histoire dans le sport automobile. Le gouvernement doit également être tenu responsable de cette décision soudaine.

La décision a finalement été prise, et cela ressemble à une fin que nous redoutions tous les deux et, d'une manière détournée, espérions ne jamais voir arriver. Nous imaginions que la direction de Renault finirait par voir la vérité, à savoir que ce bloc, composé de plusieurs matériaux, est plus qu'un simple composant : c'est un chef-d'œuvre et un élément du patrimoine français.

Au lieu de cela, les dirigeants, confortablement installés dans leurs bureaux, ont fait leur choix en se basant sur des chiffres plutôt qu'en tenant compte de l'impact humain. Reste à voir si cette décision s'avérera bonne ou mauvaise, mais pour l'instant, plus de 300 personnes se retrouvent mises à l'écart, loin du monde de la Formule 1. Au fil des ans, elles se sont bâti une réputation et ont accumulé les succès. On peut critiquer le moteur Renault, on peut s'en moquer, mais il a tout de même permis de remporter des victoires en Grand Prix et des titres mondiaux. Quoi qu'on en dise, Renault fait partie intégrante de l'histoire de ce sport et de l'identité culturelle française. La dévotion et l'affection que beaucoup éprouvent pour ce moteur parlent d'elles-mêmes, et dans des moments comme celui-ci, même les critiques les plus sévères se taisent, à condition qu'ils aient encore des raisons de le faire.

Ces hommes et ces femmes sont désormais dans l'incertitude. Bien que la marque ait annoncé un plan de restructuration, on ne sait pas si celui-ci permettra de garder tous ceux qui ont contribué au projet F1. La Formule 1 reste le summum du prestige, même si le WEC gagne du terrain. Une autre question se pose : que fait le gouvernement ? La France détient 15 % des parts de la société, ce qui lui confère une responsabilité importante dans les décisions prises par ses dirigeants.

Le climat politique dans le pays est loin d'être idéal, mais cela ne devrait pas empêcher certains responsables de s'intéresser de près à cette question. Au-delà de la perte d'un patrimoine et de ce que beaucoup considèrent comme une décision absurde, c'est l'avenir du peuple français qui est en jeu. Certaines mesures sont prises, par exemple par la députée LFI Claire Lejeune, mais elles sont insuffisantes pour une marque nationale mondialement reconnue.